Le SINTAP analyse la situation du pays et propose des mesures
(20 July 2011)
Communiqué du Secrétariat National
14 Juillet 2011
Le SINTAP analyse la situation du pays et propose des mesures
Le Secrétariat National du SINTAP, a analysé, lors de la réunion qui a eu lieu le 14 juillet à Lisbonne, les derniers évènements, notamment le programme de la dite Troïka, ainsi que le programme du Gouvernement portugais et vient de ce pas rendre publiques les points suivants:
1- Le SINTAP considère que nous devrons introduire progressivement des politiques qui équilibreront le pays et qui seront importantes pour la reprise économique à venir, notamment en répondant favorablement au déficit budgétaire, au déficit du compte courant et à un niveau durable de la dette.
2 – Cependant, le SINTAP ne comprend pas et n’accepte pas des mesures qui vont au-delà de ce qui est requis par nos créanciers, notamment la réduction extraordinaire de la prime de Noël. Non seulement cette mesure n’est pas, à notre avis, justifié puisqu’ elle est présentée comme une éventuelle garantie pour un éventuel déséquilibre budgétaire dont nous ne pouvons deviner l’existence, comme une mesure destinée à affaiblir l’économie et le pouvoir d’achat des travailleurs et de la classe moyenne, tout en privant d’un effort supplémentaire les secteurs financiers et toutes les personnes qui bénéficient de revenus du capital.
3 – Le SINTAP réaffirme sa disponibilité, comme toujours, dans la recherche de compromis et de dialogue, toujours en vue de la protection de l’emploi et de la qualité des services publics, mais encourage les gouverneurs politiques, en dépit des objectifs nationaux, à trouver le juste chemin pour le bien commun qui ne peut être trouvé que dans l’esprit du dialogue.
4 – Le SINTAP cherchera à trouver des réponses simples et moins bureaucratiques que le modèle du SIADAP, mais réaffirme qu’il continuera à appliquer correctement les paramètres, les objectifs et les compétences. Il suffit de se souvenir que la fixation d’objectifs est réalisée, souvent, hors du temps (parfois avec un an de retard) et, n’existe donc que comme une simple formalité. Les rapports d’exécution n’existent pas et, à moins qu’il n’y ait des rappels de la part du mouvement syndical en général et en particulier du SINTAP, tout ressemblerait à la « vie en rose ».
5 – Le SINTAP s’inquiète également du modèle de la négociation collective, qui reste une rareté au sein de l’Administration Publique, ou quand elle existe, comme ce fut le cas avec la négociation des carrières générales, avec FESAP / SINTAP et le gouvernement, a vu celle-ci étendre l’accord à tous les travailleurs non syndiqués et a assisté, impavide, à l’application du dit accord aux services, autant pour les travailleurs d’autres syndicats comme d’autres organisations syndicales non signataires, comme si cela était possible (et sans aucune réclamation de la part de ces organisations) introduisant, au mépris de la loi, des règlements où l’organisation du temps de travail et d’autres dispositions qui sont assujetties à la réglementation, à l’abri d’instruments de travail réglementaire, ne sont valables qui sont dûment négociés.
6 – Le SINTAP est également inquiet avec certains commentaires qui pointent vers une déréglementation du travail et vers un ensemble de politiques qui pourraient accentuer la privatisation / concession de certaines fonctions de l’État, ainsi qu’avec l’intention, déjà expressément manifestée, de privatiser certaines entreprises publiques comme, par exemple, les Eaux du Portugal. En outre, la vente durant cette période difficile, peut être effectuée avec des dégâts et se concentrera sur les secteurs stratégiques. Sur cette matière, comme dans la plupart, le SINTAP accompagne les préoccupations déjà exprimées par sa centrale syndicale, l’UGT, et se présentera sur la première ligne de combat dans les luttes qui seront nécessaires pour freiner cette privatisation.
7 – Le SINTAP encourage les travailleurs à une attitude de vigilance et rappelle que, pour pouvoir aspirer à la préservation du modèle de développement européen et de leur bien-être, nous avons besoin, plus que jamais, de l’unité des travailleurs pour introduire dans les politiques européennes en général, et en particulier de l’UE et sa zone euro, l’exercice d’une plus grande intégration politique et de nouveaux et meilleurs mécanismes de solidarité et de défense de l’euro. La lutte des travailleurs grecs, irlandais, espagnols, italiens, belges ou autres, est également la notre. Si nous ne réglementons pas les agences de notation, si de nouveaux instruments de mutualisation de la dette souveraine ne sont pas introduits, si nous ne combattons pas les spéculateurs, si nous ne créons pas les conditions pour la mise en place d’un crédit équitable, nous serons soumis à la bonne ou mauvaise chance du jeu de hasard, de la politique spéculative, et la tendance pour l’appauvrissement, pour l’augmentation du chômage et l’élimination de l’État-providence sera de plus en plus grande.
8 – Le SINTAP reconnaît qu’il existe, dans la société portugaise, de nombreux citoyens qui, d’une manière terrible et injuste, font face aux plus grandes difficultés de l’époque. Ce sont les chômeurs et, en particulier, les chômeurs de longue durée et les nombreuses personnes qui n’ont plus droit aux prestations de chômage et même à celles du chômage social. Ce sont les retraités qui ont de très faibles pensions. Ce sont des milliers de jeunes citoyens qui ne trouvent pas de travail (même temporaire et précaire). Le SINTAP a constaté que les données disponibles identifient les personnes âgées comme un groupe de risque et, de plus en plus, les jeunes. Par conséquent, nous ne pouvons rester indifférents à la réduction du soutien et des prestations sociales aux familles, que ce soit dans le domaine de l’éducation ou de la santé.
9 – Le SINTAP maintient la volonté de discuter avec le Gouvernement les questions relatives à la couverture et la durabilité de l’ADSE, CGA et des Services Sociaux, ce qui n’exclut pas la possibilité d’une présence accrue des travailleurs dans la gestion de ces organismes.
10 – Le SINTAP soutient que c’est avec la clarté de ses positions et avec la détermination dans la défense des fonctionnaires de l’Administration Publique, centrale, régionale et locale et leur bien commun que nous pourrons contribuer à un dialogue social fructueux. Nous ne remettrons pas, dès à présent, en cause la bonne volonté ou l’intention du nouveau Gouvernement, ni le jugeront en mauvaise part. Nous attendrons les propositions et les chemins qui nous seront proposées pour, ensuite, présenter nos considérations et délibérations. Quant aux mesures sur lesquelles, nous avons dors et déjà, une position contraire et d’opposition, nous trouverons avec le mouvement syndical, notamment avec l’UGT, les solutions et réponses les plus appropriées.
Lisbonne , le 14 juillet 2011

